CHER AMI JEAN BENOIT ...
Jean Benoit
né le 26 septembre 1922 à La Ferté-Bernard
ordonné prêtre le 31 mai 1947
décédé le 7 janvier 2013 à l'hôpital du Mans
dans sa 91ème année et la 66ème année de son ordination
C'est vers l'âge de 9 ans que Jean confia à ses parents son désir d'être prêtre.
en cela il fut soutenu et éclairé par ses parents.
"Lorsque j'ai dit à ma mère que je désirais être prêtre, elle m'a dit:
"Tu sais ce n'est pas pour nous. c'est pour les riches..."
elle disait cela parce que les prêtres allaient toujours manger chez les riches.
Son image de l'Eglise l'amenait donc à penser qu'un prêtre ne pouvait venir que d'une famille de riches...
Mais j'ai reçu d'elle une foi " à transporter les montagnes".
" Dieu premier servi" était sa devise.
Inlassablement elle répétait cette phrase...
elle m'apprit le sens de la prière, de l'intimité avec Dieu...
et par son témoignage le sens de la disponibilité et du service.
Lorque j'ai dit à mon père - qui était au parti commmuniste- mon désir d'être prêtre,
il m'a dit: " tu sais, ce n'est pas cela que j'ai rêvé pour toi, mais je te demande de ne pas me faire honte
et d'être un bon prêtre et c'est nous qui paierons ta pension."
J'étais heureux d'être au S.T.O.( service du travail obigatoire- pendant l'occupation)
non pas à cause de la douleur du travail
mais du partage de la vie des hommes et je mesurais à quel point, pour mon ministère de prêtre,
cette expérience avait de l'importance...
J'ai tenu le coup parce que tout de suite, dès mon arrivée, j'ai eu la chance de rencontrer la J.OC. ( Jeunesse ouvrière chrétienne).
On se réunissait tous les 15 jours. ce n'était pas évident, il fallait jouer de ruse car nous nous savions pistés par un homme de confiance de la Gestapo, qui était un Français.
Nous commencions chaque réunion par le partage de la Parole de Dieu, toujours prise dans l' Evangile.
" Voir, écouter, regarder Jésus dans sa vie d'homme".
cette démarche atait nouvelle pour moi.
C'est là que j'ai commencé à passer du déisme à la foi chrétienne.
C'est là que j'ai commencé à saisir que j'avais à rendre à Dieu son humanité
et que le lieu de Dieu c'était l'homme lui-même.
Ainsi je fus tout au long de mon ministère, préparé à vivre l'invitation de Paul VI:
"Avant d'être des pasteurs, vous êtes des frères en communauté."
ce fut le premier acquis de ces deux années passées au S.T.O.
je me suis senti " promu à l'état laïc"...
j'ai fait le choix d'être présent au monde.
j'ai fait mien cet engagement: " nous n'acceptons pas d'être des serviteurs dociles ou des marginaux souriants.
Nous sommes des citoyens du monde à part entière.
nous devons y être présents car nous avons mission de la part de Dieu de servir l'homme."
C'est ce que m'ont appris ces deux années passées en Autriche,
deux années fondamentales, extraordinaires, qui ont de façon forte, initié ma vie de prêtre...
"Me voici arrivé au terme de ma vie terrestre.
Je rends grâce au Seigneur de la force qu'il m'a donnée
pour le servir
je lui demande pardon de n'avoir pas su larguer
tous les bagages inutiles pour mieux le servir
et mieux servir mes frères.
je demande pardon à toutes celles et tous ceux
que j'ai pu décevoir ou blesser.
je rends grâces au Seigneur de m'avoir invité à l'imiter
et à le suivre de plus près
jusque dans le mépris de l'injustice.
je remercie l'Institut des Prêtres du Coeur de Jésus et,
depuis trois années la Société de Vie évangélique
qui m'ont permis de vivre un chemin d'évangile
avec mes frères et soeurs laïcs.
Merci à tous les amis laïcs de tous milieux
qui ont façonné mon Être de Prêtre.
Merci à toutes celles et tous ceux qui,
ne partageant pas ma foi chrétienne,
m'ont aidé à reconnaître le Don de Dieu dans ma vie et
à découvrir la grandeur d'une existence humaine
qui pratique l'Evangile dans le don aux autres,
l'engagement temporel,
l'humble service.
Conscients de travailler pour un monde meilleur
recréé dans la justice et l'amour,
toutes ces femmes, tous ces hommes ont été pour moi
des "pratiquants" de l'Evangile.
Merci plus particulièrement aux chrétiens
et non-chrétiens des Bruyères
qui en 1955 m'ont révélé par leur vie d'hommes et de femmes
que je n'arrivais pas dans un désert non habité par Dieu.
" Dieu était là ... je ne le savais pas."
Dans Ta Lumière sans ombre, il m'est donné l'eternité
de rendre grâce et de reconnaître
Ce que Dieu m'a donné
Ce qu'Il a fait pour moi
Ce qu'Il est pour moi .
Jean Benoit
voir toutes les photos dans l'album situé sur la côté gauche du blog
sous le titre : A